Restrictions sur l’augmentation du loyer : Quand est-il interdit ?

Le calendrier des augmentations de loyer ne tolère aucune improvisation. En France, la règle est sans appel : hors clause expresse de révision annuelle, un bailleur doit composer avec le statu quo. La loi ALUR, puis la loi Climat et Résilience, ont considérablement resserré l’étau, notamment sur les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique. Dans ces cas, aucune augmentation n’est tolérée, même en cas de changement de locataire ou après de simples rafraîchissements. Certaines communes, où l’encadrement des loyers s’applique de manière renforcée, verrouillent davantage la possibilité de réévaluation lors d’un renouvellement de bail, sauf à prouver noir sur blanc une sous-évaluation flagrante du loyer initial.

Par ailleurs, une clause d’indexation automatique qui ne figure pas explicitement dans le bail n’a aucune valeur : la loi ne transige pas. Et si un bailleur force la main, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation ou le tribunal compétent pour faire valoir ses droits, preuves à l’appui.

Quand l’augmentation du loyer devient-elle impossible ?

Dans le secteur de la location, certains scénarios rendent toute réévaluation du loyer totalement hors de portée. Le législateur a posé des limites très précises, notamment lorsque le logement affiche une mauvaise performance énergétique. Depuis l’application de la loi Climat et Résilience, les logements classés F ou G au DPE sont dans le viseur : aucune augmentation n’est possible, ni lors du renouvellement du bail, ni à l’occasion d’un changement de locataire, tant que des travaux d’envergure n’ont pas permis d’améliorer la classe énergétique.

Un autre verrou existe : l’absence de clause de révision dans le contrat de location. Si rien n’est inscrit au bail, l’indexation, même sur la base de l’indice de référence des loyers (IRL), tombe à l’eau. Le propriétaire ne peut alors procéder à aucune revalorisation, même minime.

Le non-respect des critères de décence bloque aussi toute velléité de hausse : ventilation insuffisante, humidité persistante, surface trop réduite… Tant que le logement n’est pas aux normes, la loi interdit tout relèvement. La loi ALUR a d’ailleurs renforcé ces garde-fous, rendant plus étroite la liaison entre DPE annexé au bail et protection des droits du locataire.

Dans beaucoup de villes où l’encadrement des loyers s’applique, notamment en zone tendue, la règle est implacable : le loyer ne peut dépasser le plafond fixé par arrêté préfectoral. Les propriétaires doivent s’y conformer sous peine de sanctions, parfois lourdes.

Voici les principales situations où la réglementation bloque toute hausse du loyer :

  • Logement classé F ou G au DPE : toute augmentation est interdite tant que la situation énergétique n’évolue pas.
  • Absence de clause de révision dans le bail : aucune indexation possible, le montant reste figé.
  • Non-respect des critères de décence : tant que le logement n’est pas conforme, le loyer reste gelé.
  • Encadrement des loyers en zone tendue : le plafond légal s’impose, sans exception.

Les situations courantes où la loi bloque toute hausse

Plusieurs obstacles réglementaires laissent peu de marge de manœuvre à ceux qui espèrent augmenter un loyer. Premier cas, le plus courant : les grandes villes soumises à l’encadrement comme Paris ou Lyon. Ici, le montant maximal autorisé est fixé par arrêté préfectoral : impossible de le dépasser, que ce soit à l’entrée dans les lieux ou lors d’un renouvellement de bail. Le bailleur doit s’y tenir : tout dépassement expose à devoir rembourser le trop-perçu.

Autre situation : la reconduction tacite du contrat de bail. Si le bail se poursuit sans modification et qu’aucune clause de révision n’est prévue, le loyer ne bougera pas, même si l’IRL augmente. Le locataire conserve alors le même montant, quelle que soit l’évolution du marché.

Le cadre énergétique, lui, s’est durci. Depuis la loi climat et résilience, tout logement classé F ou G au DPE ne peut voir son loyer revalorisé, même si le bien change de locataire. Sans travaux d’amélioration énergétique, aucune hausse n’est envisageable : la règle ne laisse aucune ambiguïté.

Enfin, lorsqu’un loyer est manifestement supérieur aux prix du quartier, le locataire a un recours. Il peut saisir la commission de conciliation pour demander un ajustement à la baisse, jamais à la hausse, si le montant excède trop nettement le loyer de référence.

Contester une augmentation : démarches et astuces pour les locataires

Lorsqu’une hausse de loyer semble injustifiée, le locataire dispose de plusieurs outils pour faire respecter ses droits. Avant toute chose, il faut examiner attentivement le contrat de bail : chaque clause compte, tout particulièrement dans les zones tendues ou sous encadrement. Le montant de référence et l’indice de référence des loyers doivent y figurer de façon transparente.

Si un propriétaire tente une hausse lors du renouvellement, il doit pouvoir fournir des justificatifs : factures de travaux, preuve d’amélioration énergétique, conformité du logement. À défaut, le locataire peut contester par lettre recommandée, en s’appuyant sur les textes légaux en vigueur.

La commission départementale de conciliation : recours rapide

Pour faire valoir ses arguments, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation. Il est utile, avant toute démarche, de préparer un dossier solide :

  • Indiquer le montant du loyer précédent, la date de signature du bail, et fournir des exemples de loyers comparables dans le quartier.
  • Favoriser le dialogue : la commission vise à trouver un accord entre les deux parties, sans coût ni nécessité d’avocat.
  • Si aucun accord n’est trouvé, le tribunal d’instance pourra trancher. Le juge s’appuiera sur les textes et la réalité du marché local pour fixer le montant du loyer.

La prudence reste de mise dès l’apparition d’une augmentation litigieuse. Un loyer nettement supérieur à la moyenne du secteur peut être ramené à un niveau raisonnable, à condition d’en apporter la preuve. Rassemblez tous les échanges, conservez bail et justificatifs, et préparez un dossier précis. Cette rigueur fait souvent la différence.

Jeune couple dans un couloir d

Loi ALUR et logements énergivores : ce qui change vraiment pour les propriétaires

La loi ALUR a posé les premiers jalons, la loi Climat et Résilience a renforcé l’arsenal. Un propriétaire ne peut plus augmenter le loyer d’un logement énergivore classé F ou G au DPE, sauf s’il entreprend des travaux sérieux pour améliorer ses performances. Cet impératif vise à accélérer la rénovation du parc locatif privé et met la performance énergétique au centre des enjeux locatifs.

Depuis le 25 août 2022, la règle ne laisse aucune place au doute : tout logement dont la consommation d’énergie dépasse 450 kWh/m²/an (classe G) ne peut faire l’objet d’une augmentation de loyer, que ce soit lors d’un renouvellement ou d’une nouvelle location. Le DPE à jour fait désormais partie des documents obligatoires du bail. Sans lui, aucun ajustement n’est possible.

Les critères de décence se sont également étoffés. Depuis 2023, un logement mis en location doit justifier d’un niveau de performance énergétique minimal. Les propriétaires concernés, ceux qui détiennent des biens classés F ou G, doivent prévoir des travaux de rénovation : à défaut, toute possibilité de hausse de loyer disparaît. Cette dynamique cible aujourd’hui les passoires thermiques, mais le mouvement se poursuivra : dès 2028, les logements classés E seront eux aussi concernés, augmentant la pression sur les bailleurs.

Le cadre change : tout projet locatif doit désormais intégrer la vérification de la classe énergétique et l’annexion d’un DPE à jour au contrat de location. Impossible d’imaginer une revalorisation sans cette conformité. Le DPE devient ainsi un élément clé, incontournable, du contrat locatif.

La location évolue, la loi trace de nouvelles frontières. Pour les propriétaires, la vigilance n’est plus une option : c’est la condition sine qua non pour continuer à faire évoluer le loyer.

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